D’inspiration franco-allemande, Gaïa-X avait été pensé pour proposer une alternative européenne cloud (notamment à ceux proposés par les géants du numérique américains et chinois) et pour encadrer les flux de données, estimés à 400 milliards d’euros en 2019.

Néanmoins, à l’occasion du sommet du 18 novembre dernier, l’Europe a fait preuve d’ouverture en intégrant dans ce projet 180 entreprises, dont certaines sont américaines (Amazon, Google, Microsoft) et chinoises (Alibaba Cloud et Haier Cosmo IoT Ecosystem Technology).

Beaucoup se sont demandé si cette entrée d’entreprises étrangères n’allait pas à l’encontre du but premier de Gaïa-X : peut-on toujours parler de souveraineté européenne alors que les américains et les chinois seront présents aux comités techniques ?

Cette nouvelle a même été qualifiée de cheval de Troie pour la « Big Tech » européenne [1]

L’Union européenne s’est voulue rassurante en posant des conditions sine qua non, parmi lesquelles :

  • Les acteurs doivent se soumettre au Policy Rules de Gaïa-X ;
  • Seules les entreprises ayant leur siège social en Europe pourront avoir une place au Board.

Mais est-ce bien suffisant ?

[1] Gaia-X : A trojan horse for Big Tech in Europe, Stefane Fermigier and Sven Franck in Euractiv, 23 nov.2020. >> Lire l’article en anglais >>